La stucture de la vie

Publié le par La santé activée

 

Par Jean-Pierre Lentin

 

Les cristallisations sensibles, ou "thésigraphies", sont des images à peine croyables. Dans ces tourbillons immobiles, on peut lire la vie et la mort, la santé et la maladie, la pureté et la pollution, l’énergie et l’entropie, l’ordre et le chaos. Des tests de qualité agricole aux recherches sur les "champs du vivant", ces arborescences bizarres et superbes enseignent à leur manière des choses cachées depuis la nuit des temps. Et nous sommes chaque jour un peu plus nombreux à penser que I’on se trouve en présence d’une des découvertes les plus extraordinaires de ce siècle....

 

La méthode des cristallisations sensibles naît vers 1920, en Suisse, dans un laboratoire de fortune, au sous-sol du Goethaenum, le siège communautaire des disciples de Rudolf Steiner. Parmi eux, un étudiant en physique-chimie, Ehrenfried Pfeiffer (1899-1961) pose une colle au maître : une technique de laboratoire pourrait-elle mesurer certaines influences subtiles postulées par la "science spirituelle" ? Peut-on matérialiser l’immatériel ?

Pour Steiner, c’est possible. On doit trouver "un réactif sensible aux changements de formes comme le tournesol est sensible aux acides et aux bases" . Et on le trouvera en explorant le phénomène de la cristallisation.

Interlude chimique

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Pain bio complet au levain. (en haut) On retrouve le type de texture céréale.
Pain blan. (en bas)Texture "d’amidon", grossière et insuffisante.

La structure cristalline, présente dans de très nombreuses substances minérales ou organiques, est une disposition géométrique des molécules grâce à laquelle les matériaux se solidifient en prenant des formes ordonnées. Ainsi, les pierres cristallines, du quartz au diamant, donnent des sculptures polyédriques, en croissant sous terre pendant des millénaires. De même, les sels cristallins dissous dans l’eau laissent après évaporation des dessins en rosaces cubistes. On peut faire l’expérience chez soi avec le sel de cuisine (chlorure de sodium), en laissant sécher dans une soucoupe de l’eau saturée de sel.

Pfeiffer met au point, vers 1925, la cristallisation sensible au chlorure de cuivre. De tous les sels testés, cette poudre bleuâtre, aisément disponible chez les fournisseurs chimiques, s’avère la plus capable de réagir, par toute une palette de formes complexes, aux moindres perturbations des conditions de cristallisation. Dans la solution à cristalliser, Pfeiffer incorpore des extraits végétaux ou des gouttes de sang. Les figures obtenues lui semblent significatives, mais il n’arrive pas à interpréter les résultats. Avant d’émigrer aux Etats-Unis en 1933, il "repasse le bébé"...

A Stuttgart, deux médecins, deux frères et soeurs, Oleget Alla Selawry, s’y mettent dans les années trente. Alla Selawry s’est éteinte en juillet 1992. En un demi-siècle, elle a réalisé plusieurs centaines de milliers de cristallisations et formé des stagiaires venus du monde entier. La méthode a pris forme. C’est aujourd’hui. Les cristallisations sensibles sont en plein renouveau. L’agriculture et la viticulture biologiques s’en servent comme tests de qualité. Les cristallisations sanguines intéressent les médecines douces. Des scientifiques commencent à plancher sur l’explication du phénomène, et sur ses implications, qui sont plus que troublantes...

Interlude pratique

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Engrais de synthèse NPK. Ce produit sans vie ne donne aucune cristalisation globale.

Il faut une plaque de verre, circulaire, d’une dizaine de centimètres de diamètre, entourée d’un anneau. On y verse une solution composée d’eau distillée et de chlorure de cuivre. Quelques millilitres suffisent, le niveau de liquide doit rester inférieur au millimètre. La plaque est enfournée délicatement dans une "étuve" ou "cabine" - c’est le seul équipement spécialisé.

L’enceinte isole les cristallisations des poussières, elle maintient une température constante (28°), elle contrôle l’hygrométrie (60%), ses suspensions pneumatiques protègent des chocs et des vibrations mécaniques. On laisse reposer une dizaine d’heures. La cristallisation est faite.

Observations

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Soupe réchaufée sur le gaz (photo du haut) ; la même soupe réchauffée au micro-onde (photo du bas) présente des tâches et une détérioration de la texture.

Tout seul, sans additif, le chlorure de cuivre donne un chaos géométrique, un semis de fines aiguilles éparpillées dans tous les sens. Si on ajoute à la solution de très petites quantités d’autres substances, la cristallisation, perturbée par les molécules intruses, prend un tout autre aspect. Là, deux cas. S’il s’agit de substances minérales, inorganiques, on a des amas informes, des grumeaux, des granulations, des grilles répétitives. Mais si on ajoute des extraits de matériaux vivants, végétaux ou animaux, contenant des protéines, l’aspect change de façon spectaculaire. On obtient des buissons de branches et de nervures, des fourrures de racines chevelues, des réseaux fluviaux ou sanguins incroyablement denses - ou des courbes géométriques fractales.

Première constatation : c’est beau. On applaudit. Mais l’essentiel, on s’en doute, est ailleurs. Ces images parlent. Quelque chose se voit, c’est riant, même pour l’oeil le moins exercé. Quelque chose, mais quoi ? C’est encore assez mystérieux. A partir de là, la science balbutie.

Chaque espèce, végétale ou animale, a sa propre signature. Pourtant, aucune plaque n’est rigoureusement semblable à une autre - comme deux feuilles d’arbre ne sont jamais superposables, mais représentent quand même un type commun.

Une expérience de base : comparer des cristallisations faites à partir d’une substance qui vieillit. De jour en jour, la dégradation du tissu vivant se lit dans la désorganisation progressive des images : les ramifications se simplifient, des taches apparaissent, puis des zones floues ou feutrées, et des segments droits, signatures du règne minéral et de la mort du vivant ; au lieu d’un seul centre, on en voit une multitude l’information vire au chaos.

La suite vient logiquement à l’esprit. On va comparer des plaques en variant toutes sortes de paramètres - des sangs sains et malades, des aliments produits par différents type de culture, soumis à différentes méthodes de conservation ou de cuisson. A chaque fois, la cristallisation sensible répond sans équivoque et de façon reproductible.

L’aliment idéal

Marie-Françoise Tesson, au LAPATS (Laboratoire associatif pour l’application des tests sensibles), à Frechendets, dans les Hautes-Pyrénées, travaille surtout pour l’agriculture biologique et assure des stages d’initiation à la méthode. Les tests sont faits "en aveugle" - le manipulateur ne connaît pas la provenance des produits testés, ce qui évite tout biais inconscient. A l’oeuvre depuis sept ans, Marie- Françoise Tesson résume : "On voit très bien l’affaiblissement vital dans les produits congelés, la farine ou le sucre raffinés, le lait U.H.T., les aliments cuits aux micro-ondes, et de manière générale dans les produits issus de l’agriculture dominante. Mais on ne peut pas systématiser : il nous est arrivé d’obtenir de piètres images avec des produits de culture bio elles indiquent alors un manque de savoir-faire ou des productions trop intensives, des cultures hors-saison."

"L’aliment idéal doit présenter un équilibre entre la force de croissance, influencée par la terre, qui se voit à la densité des stries, et la force d’ organisation, dépendante du cosmos, révélée par la netteté de la structure. Les images les plus équilibrées viennent le plus souvent des produits de l’agriculture biodynamique. La culture biologique classique donne des images d’une grande vitalité, mais qui manquent un peu d’organisation. "

"Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles pistes et de nouvelles comparaisons. Le domaine est immense, il faudrait que des laboratoires se multiplient et se spécialisent. La cristallisation peut révéler toutes sortes d’influences inattendues. Par exemple, nous avons testé des pains pétris le même jour par plusieurs stagiaires. A partir des mêmes ingrédients, avec la même cuisson dans le même four, on obtient des images différentes. Certaines personnes bonifient la qualité du pain, d’autres pompent de l’énergie... "

Bientôt, le LAPATS proposera un "label", établi sur la base de contrôles réguliers, pour les producteurs qui le désirent. Et un jour, qui sait, on pourrait voir apparaître, sous forme de vignettes sur l’emballage, des photos de cristallisation sensible. Chacun pourrait alors se faire un jugement. Même si l’interprétation fine demande une formation spéciale, l’appréciation simplement esthérique se trompe rarement : comme par hasard, les plus belles images correspondent aux meilleurs produits I

Les signes du sang

Le Dr Dominique Guyot, à Paris, est une des rares "lectrices" confirmées pour l’interprétation des plaques sanguines. Quelques gouttes de sang, prises au bout du doigt, suffisent pour qu’apparaissent à la cristallisation des images étonnamment parlantes mais, on s’en doute, très délicates à interpréter.

"On observe certains signes : irrégularité du rayonnement ou de la striation, lacunes au milieu des stries, cristaux en forme de fines croix, d’étoiles. Les signes de déséquilibres, latents ou déclarés, apparaissent sous la forme de "vacuoles", des trous dans la structure, des endroits où la cristallisation s’est interrompue. Leur forme renseigne, non pas sur l’organe précis, mais sur le système atteint : respiratoire, digestif, cardio-vasculaire... D’autres indices, visibles notamment au microscope et en lumière polarisée, peuvent permettre de préciser la pathologie : inflammation, infection, fibrome, tumeur bénigne, cancer, etc.

"L’état cancéreux ou pré-cancéreux se presente, d’après Selawry, sous la forme de barres transversales. En fait, pas toujours ! Il faut parfois corréler avec d’autres signes. La cristallisation sensible n’a pas la précision de certains tests sanguins chimiques, mais elle donne des informations globales sur le terrain, y compris sur la dimension psychique ; elle permet de suivre en finesse l’évolution d’un traitement ; et il lui arrive d’orienter la recherche diagnostique avec une précocité étonnante - on passe alors aux tests médicaux classiques.

Les bio-champs

Jean-Pierre Garel, à Clermont-Ferrand, dirige le Centre de Biophysique et travaille avec l’ADENO- MAB (Association pour le développement des nouvelles méthodes d’analyse biologique). Là, on ne s’oriente plus vers la recherche et la technologie. Garel a une formation de biologiste moléculaire au CNRS. Depuis 1985, sa fascination pour les "bio- thésigrammes", les figures de la cristallisation sensible - a transformé son approche.

"Pour un biologiste, c’est stupéfiant de voir que l’image obtenue avec une feuille de vigne est homologue de celle produite par le vin, alors que la composition chimique est complètement différente. La cristallisation capte une information contenue dans la matière vivante, ce que j’appelle un bio-champ, qui pourrait éventuellement être mathématisée.

"Il y a des conséquences importantes pour la santé. On estime aujourd’hui que l’alimentation est responsable, pour au moins 30%, des maladies comme le cancer, les affections cardio-vasculaires ou les allergies. Or, si les aliments n’apportent pas seulement des susbstances chimiques et des calories, mais une information, plus ou moins structurée ou désorganisée, on tient là la clé des "aliments-santé" .

"En même temps, nous travaillons avec des industriels. Les thésigrammes sont aujourd’hui assez fiables et précis pour rendre des services à l’industrie agro-alimentaire, aux distributeurs alimentaires, à l’INRA (Institut national de recherche agronomique), aux organismes de contrôle des pollutions... Encore faut-il en faire une version adaptée aux grandes séries et au traitement des données. Nous avons développé, avec des chercheurs de Grenoble, la lecture informatique des plaques de cristallisation, à l’aide de la géométrie fractale. A ma con- naissance, c’est une première mondiale."

Epilogue spéculatif

Le XXe siècle a vu l’apogée de la biologie moléculaire, virtuose des appareillages chimiques et électroniques de gros calibre, championne de l’étude de la vie dans ses composants microscopiques et ses rouages moléculaires. C’est l’approche "réductionniste", on doit lui tirer son chapeau, on peut aussi critiquer ses lacunes. Et puis, parallèlement, discrètement, une autre science est née, globale ou "systémiste". Elle utilise parfois des procédés apparemment beaucoup plus simples, la cristallisation sensible en est un.

Mais les processus qu’elle met en évidence sont d’une subtilité prodigieuse. On entre dans un monde de fluctuations, de vibrations, de champs, de résonances, de turbulences.

On renoue aussi avec l’approche intuitive, sensible, esthétique, contemplative, méditative... Il y a une vie après l’ADN, beaucoup plus étrange que tout ce qu’on peut croire.

 

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Publié dans Une vie saine

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Clovis Simard 06/10/2012 20:51


Blog(fermaton.over-blog.com).No-8. - THÉORÈME SANDWICH.- La structure de la pensée.